Khalik Allah

Cinéaste et photographe résidant à New-York, Khalik Allah ne s'interdit rien et revendique le devoir d'empathie envers ses sujets comme l'absolue nécessité de faire corps avec les lieux qu'il arpente.
Hyper-productif et d'une générosité sans fard, il peut aussi bien, en 2016, réaliser un documentaire en Jamaïque et participer à la réalisation du film Lemonade de Beyoncé.

On reste tout d'abord coi devant la puissance d'interpellation de ces propositions. Son travail force notre regard à se poser sur l’ambiguïté d'une beauté dévastée par l'exclusion et l'absence de considération.
Un tableau social, le portrait d'une rue, une ode à l'acceptation des corps. Sa série 125th & Lexington Street est un geste généreux et engageant. Salutaire.

A rebours des images publicitaires et aseptisées de sa ville, Khalik Allah réinscrit ses sujets dans le champ de l'esthétique et dans l'histoire contemporaine de New-York. 
Après ça, on a plus que jamais envie de revoir Pestilent City (1965) de Peter Emmanuel Goldman. Un manifeste toujours aussi pertinent sur la violence sociale à New-York.