Natasha Braier

Comment Natasha Braier a conçu l'image du dernier film de Nicolas Winding Refn, The Neon Demon.


How Natasha Braier turned saturated bright colors photography into Nicolas Winding Refn's The Neon Demon.

 
Nicolas Winding Refn et Natasha Braier

Nicolas Winding Refn et Natasha Braier

La chef opératrice argentine nous en dit plus sur la création de l'une de la plus grosse claque visuelle de 2016.

The argentinian-born director of photography tells us more about her collaboration work for shooting one of the 2016 most expressive visual film.

 
Suspiria, Dario Argento

Suspiria, Dario Argento

 

Comment vous êtes vous retrouvé à travailler sur ce projet ?

Nicolas (Winding Refn) pensait travailler avec des directeurs de la photographie avec qui il avait collaboré sur des publicités. Heureusement pour moi, aucun n'était disponible ! Nous partageons le même agent, Peter Franciosa à UTA, qui lui alors proposé de me rencontrer.
Nicolas n'avait pas vu The Rover (David Michôd, 2014), ni aucun de mes films. En visitant mon site, il est tombé amoureux du court métrage Swimmer que j'avais fait avec Lynne Ramsay. Il a donc accepté de me voir.
Nous avons passé un très bon moment chez lui à LA. Quelques heures après ce rendez-vous, il m'a proposé de travailler sur son prochain film. 

How did you come up to work on this project ?

Nicolas was thinking to shoot the film with some DP's he had worked with in commercials. Luckily for me, they weren't available and we share the same agent, Peter Franciosa at UTA, who suggested him to meet me. 
Nicolas hadn't seen The Rover (David Michôd, 2014) or any of my film work but he look at my website and fell in love with the short film Swimmer I did for Lynne Ramsay. He called me for a meeting. 
We had a great meeting at his house in LA and, a couple hours later, he offered me the job.

Quelles ont été vos sources d'inspiration ?

Nous avons regardé pas mal de films de genre des années 60 & 70 : ceux de Kenneth Anger, Suspiria (Dario Argento, 1977), Valley of the dolls (Mark Robson, 1967), Rosemary's baby (Roman Polanski, 1968), Kwaidan (Masaki Kobayashi, 1964), Orange mécanique (Stanley Kubrick, 1971)... Aucun d'eux n'a servi de référence visuelle précise. C'est la combinaison de toutes ces images qui nous a permis d'imaginer à quoi ressemblerait l'univers de Neon Demon.
Le chef décorateur et moi sommes de grands admirateurs de James Turrell. Son travail nous a permis de créer la scène du défilé de mode. Nous avons aussi beaucoup regardé les photos de Guy Bourdin, notamment son utilisation des textures, son mélange du violet avec du satin.

What was your main inspirations ?

We looked at old art house movies from the 60's and 70's : Kenneth Anger, Suspiria (Dario Argento, 1977), Valley of the dolls (Mark Robson, 1967), Rosemary's baby (Roman Polanski, 1968), Kwaidan (Masaki Kobayashi, 1964), Clockworck Orange (Stanley Kubrick, 1971)... None of them was a specific visual reference but, somehow, the combination of all of them was a way to start getting in the mood of what the universe of The Neon Demon woud be.
The production designer and I are big fans of James Turell, so he became an inspiration for the fashion show runway scene.
We also looked at Guy Bourdin's photography and the use of textures : how he mixed velvet with satin and stuff like that...

 
 

Nicolas Winding Refn est connu pour son goût d'univers visuels forts. Comment avez-vous collaboré ensemble ?

Notre collaboration s'est très bien déroulé. Pour un directeur de la photographie, c'est un rêve de travailler avec un réalisateur pour qui l'image compte tant. Il n'est pas intéressé par le fait de livrer une histoire de manière conventionnelle. Il raconte quelque chose mais en utilisant tout le potentiel du langage cinématographique.
Aujourd'hui, j'ai le sentiment que le public est de plus en plus habitué à des formes très classique de narration, ce qui est plutôt triste car la poésie de l'image à été remplacé par des standards narratifs hyper prévisible. Beaucoup de gens ont critiqué Neon Demon en donnant comme argument qu'il n'y a pas d'histoire. C'est totalement absurde. En fait, il y a une intrigue très simple dans le film mais certains spectateurs ne parviennent à la voir car elle n'est pas exposée de façon littérale. Ils n'arrivent plus à voir la poésie.

Nicolas Winding Refn is known for his strong visual language. How did you collaborate ? 

It was a great collaboration. For a cinematographer, it's a dream to work with a director that is so visual. He is not interested in conventional storytelling. He still narrates but using the full potential of film language.
I think the audience has somehow grown used to the established method of representation and that's sad, cause the poetry of film language has been replaced by predictable standard devices of narration.
A lot of people has criticized Neon Demon for not having a story, which I find totally absurd. There is a very clear and simple plot in the movie but a lot of people can't see it because it's not explained to them in a litteral way. They can't read poetry anymore.

Quels ont été les principaux challenges du tournage ? 

Le principal défi du film a été de le tourner avec un budget de 5 millions et de le faire ressembler à un film à 20 millions.
J'avais 3 électriciens et 3 machinistes sur le tournage. Autant dire que ce n'était rien du tout pour ce que nous tentions d'accomplir visuellement ! Toute l'équipe était totalement dévouée au film car ils ont cru dans la vision que nous partagions Nic et moi. C'est grâce à eux que nous avons pu repousser nos limites pour atteindre ce résultat.

What was the major challenges during the shooting ? 

The major challenge of this movie was to do it with 5 millions and make it look like 20.
I had 3 electricians and 3 grips... I can tell you that for what we're trying to achieve visually, it's nothing ! All my crew was totally devoted to the film because they believe Nic and I were pushing the boundaries and doing something special. They gave 300 percent and delivered above and beyond.

J'ai lu dans un article que vous adorez le film Mauvais sang de Léos Carax. Pouvez-nous en dire plus sur ce film fétiche ? 

Mauvais sang est mon film préféré. Je l'ai découvert lorsque j'avais 20 ans, en école de cinéma. Il m'a complètement obsédé. J'ai fait ce qu'on appelle en français un "découpage". J'ai complètement déconstruit le film : j'ai dessiné tous les plans dans un cahier et pris des notes sur le son. Ce que je voulais, c'était comprendre la mise en scène de Carax, sa façon de monter. J'aime tellement ce film.
Mon rêve ultime serait de travailler avec Léos Carax. Après ça, je pourrais ma retraite en toute tranquillité !

Last but not least, I read on an article that you love the movie "Mauvais sang" (Bad blood) by Leos Carax. Could you tell us why ?

Mauvais sang is my favorite movie off all times.
I discovered it in my early 20's when I was in film school and got obsessed with it. Also, I did what in french you call a "découpage". I deconstructed all the movie, drawing it shot by shot in a notebook with notes about the sound. I did that to understand Carax's mise en scene and editing. I love that movie so much. Jean Yves Escoffier was the poet of cinematographers, one of my main inspiration. I have to say that his collaboration with Carax was what made me want to become a cinematographer.
To be honest, my ultimate dream would be to work with Leos Carax. After that, I can retire happy ! 

Merci à Natasha Braier pour cet entretien. Fait le 28/05/2016.
Thanks to Natasha Braier for this interview. Made on the 28/05/2016.